Collisions avec les navires

La question des collisions avec les navires, en particulier avec les grandes baleines telles que les rorquals communs et les cachalots, reste préoccupante dans la région de l’ACCOBAMS. Ces préoccupations couvrent les questions de conservation, de bien-être animal et de sécurité humaine. Il a été pris note de l’efficacité de la collaboration actuelle avec les comités scientifiques et de conservation de la CBI sur cette question et le Comité Scientifique de l’ACCOBAMS a recommandé que cette collaboration se poursuive, ainsi que celle avec la CMS et ASCOBANS et d’autres organisations internationales.

En plus des travaux identifiés lors de l’atelier conjoint CBI-ACCOBAMS de 2010 qui est toujours en cours, le Comité Scientifique a également examiné les recommandations pertinentes du rapport de 2014 de l’atelier conjoint CBI-SPAW pour traiter des collisions entre les mammifères marins et les navires en mettant l’accent sur les Caraïbes au sens large, auquel ont participé deux de ses membres. Le Comité Scientifique de l’ACCOBAMS a approuvé les conclusions et les recommandations de cet atelier, en soulignant les points suivants:

  • La plus haute priorité est de mettre l’accent sur la collecte et la communication de données (y compris les quasi-accidents) à la base de données mondiale sur les collisions de navires qui, à la fois (1) faciliter une évaluation, une hiérarchisation et un suivi appropriés des collisions de navires en tant que menace pour diverses populations et régions ; et (2) aider à l’élaboration de mesures d’atténuation.

  • Parallèlement, des exercices de modélisation de la distribution des espèces (lorsque les données sont suffisantes) sont essentiels pour identifier les zones importantes pour les cétacés à des échelles temporelles et géographiques appropriées afin de les comparer aux menaces potentielles, y compris les collisions avec les navires ; lorsque les données sont insuffisantes, il est essentiel de déployer des efforts pour les obtenir au niveau régional. Ces informations sont nécessaires à la fois pour évaluer et hiérarchiser les efforts ainsi que pour aider à la mise en place de mesures d’atténuation et de surveillance.

  • Les mesures d’atténuation qui séparent les baleines des navires (ou du moins qui minimisent la cooccurrence) dans l’espace et dans le temps sont les plus efficaces, lorsque cela est possible (par exemple, les schémas de routage).

  • La méthode générale la plus efficace et la seule qui ait fait ses preuves pour réduire les frappes mortelles disponibles à l’heure actuelle est la réduction de la vitesse. L’efficacité d’autres mesures (par exemple, alerter les marins que des baleines peuvent se trouver dans la zone, comme le fait d’avoir des observateurs à bord ou des systèmes tels que REPCET), y compris les solutions techniques, doit être soigneusement évaluée avant de pouvoir être approuvée. À l’heure actuelle, outre le fait de recommander aux navires d’aller lentement, il n’est pas possible de donner des conseils sur les stratégies simples d’évitement en présence de baleines.

  • Cette question nécessite une coopération avec diverses parties prenantes, allant des organismes intergouvernementaux (tels que l’OMI, la CBI, ACCOBAMS, ASCOBANS et la CMS), au secteur maritime, aux autorités nationales et locales, aux institutions scientifiques et aux ONG. La coopération avec le groupe d’étude de l’UICN sur les zones protégées pour les mammifères marins a également été mise en avant.

 

Résolutions et Rapports pertinents

ACCOBAMS-MOP5/2013/Résolution 5.11: Collisions entre les navires et les cétacés en mer Méditerranée

ACCOBAMS-MOP6/2016/Résolution 6.19: Collisions entre les navires et les cétacés en mer Méditerranée

ACCOBAMS-MOP7/2019/Résolution 7.12: Collisions

Report of the Joint IWC-ACCOBAMS Workshop on Reducing Risk of Collisions between Vessels and Cetaceans (Beaulieu-sur-Mer, France from 21-24 September 2010)

Joint IWC-IUCN-ACCOBAMS workshop to evaluate how the data and process used to identify Important Marine Mammal Areas (IMMAs) can assist the IWC to identify areas of high risk for ship strike (6-7 April 2019: Messinia, Greece)